Notre miel
Pourquoi je fais ce métier
Une apiculture installée dans les Yvelines, au fil des saisons.
Le miel que je vends est le résultat d’une façon de travailler.
Mes choix ont parfois un coût en temps, en rendement ou en confort, mais ils correspondent à ce que je veux faire de mon métier.
Des colonies installées dans leur environnement.
Pourquoi « Les Ruchers de l’Espoir » ?
Le nom de mon exploitation vient d’un projet qui me tient à cœur depuis longtemps : participer à la conservation de l’abeille noire.
L’abeille noire était autrefois l’abeille de nos régions. En Île-de-France, elle a été largement confrontée à l’arrivée et à l’introduction d’autres abeilles, et l’hybridation est aujourd’hui importante.
À mes débuts, mon objectif était de contribuer autant que possible à sa sauvegarde. Je possède encore des colonies d’abeilles noires dans le conservatoire du CANIF.
Mais conserver une abeille noire correspondant réellement à ce que je recherchais est devenu de plus en plus difficile.
Dans mes autres ruchers, je ne prétends donc pas avoir des abeilles noires pures. J’ai fait évoluer ma démarche : je préfère garder et développer les colonies locales qui sont en pleine forme, qui se reproduisent et qui résistent aux conditions qu’elles rencontrent réellement.
C’est une forme de sélection massale : je conserve les colonies qui montrent les qualités que je recherche et je développe ces souches au fil des générations.
Au départ : sauver l’abeille noire.
Aujourd’hui : conserver et développer les colonies locales qui montrent qu’elles savent vivre ici.
Une autre façon de concevoir l’apiculture
Avant de devenir apiculteur, j’ai travaillé comme chef de projets informatiques.
Lorsque j’ai commencé l’apiculture, j’ai donc abordé cette activité avec l’habitude de concevoir un ensemble cohérent plutôt que de simplement reproduire des méthodes existantes.
Les choix importants de mon exploitation ont été faits dès le départ : le type de ruches, leur fabrication, la manière de les protéger, mais aussi toute l’organisation autour de l’extraction et du conditionnement du miel.
Le matériel spécifique que j’utilise pour ne pas chauffer le miel n’est donc pas venu après coup. J’ai conçu mon organisation autour de ce choix dès le début.
Cela représente des investissements importants, mais cela me permet de travailler aujourd’hui selon les principes que j’avais fixés dès la création des Ruchers de l’Espoir.
Je fabrique moi-même une grande partie de mon matériel apicole.
Pourquoi je ne suis pas certifié bio
Je ne suis pas certifié en agriculture biologique.
La certification représente un coût et impose un cadre précis. Mais surtout, je ne veux pas faire de ce label une fin en soi.
Je travaille avec des méthodes utilisées en agriculture biologique lorsque je les considère comme justifiées et cohérentes avec ma manière de pratiquer l’apiculture.
En revanche, certaines pratiques autorisées dans le cadre de l’agriculture biologique ne correspondent pas à mes choix. Le fait qu’une pratique soit autorisée par un cahier des charges ne suffit pas, à lui seul, à la rendre conforme à ce que j’attends de mon métier.
Je préfère donc faire mes propres choix, en fonction de ce que je considère bon pour les colonies et pour le miel, plutôt que de chercher simplement à respecter un label.
Les colonies restent dans leur environnement toute l’année.
Des colonies fortes, plutôt que le rendement à tout prix
De grandes ruches
Je travaille avec des ruches Dadant 12 cadres. Leur grand volume laisse beaucoup d’espace aux colonies et à leurs réserves.
Des ruchers sédentaires
Je ne déplace pas mes colonies pour courir après les floraisons. Elles vivent dans leur environnement et s’y adaptent.
Des choix qui ont un prix
Ces choix demandent davantage de travail, des manipulations plus lourdes et parfois des renoncements sur le plan du rendement.
Les colonies vivent aussi avec les aléas de leur environnement.
Le miel appartient d’abord aux abeilles
Je ne cherche pas à récupérer tout le miel disponible.
Une colonie a besoin de ses réserves pour vivre, notamment pendant l’hiver. Je préfère donc laisser aux abeilles suffisamment de miel plutôt que d’augmenter mes récoltes et de devoir ensuite remplacer ces réserves par du sucre.
Je ne considère pas le miel stocké dans la ruche comme une production qui m’est entièrement destinée.
Je ne prélève pas le pollen ou la propolis pour les commercialiser. Je considère que ces produits ont d’abord une fonction dans la vie de la colonie.
Je préfère également laisser les abeilles produire leur propre cire plutôt que de faire circuler de la cire récupérée.
Chaque rucher donne son propre miel
Mes récoltes sont séparées rucher par rucher. J’indique l’origine sur les pots afin que chacun puisse savoir d’où vient son miel.
La végétation, le sol, la météo et les floraisons donnent à chaque récolte son caractère.
D’un endroit à l’autre, la végétation, le sol, la météo et les floraisons changent. Le miel change avec eux.
Le miel est le résultat d’un lieu, d’une saison et du travail des abeilles.
Un miel que je ne chauffe pas
Je ne chauffe pas mon miel. Toute mon organisation de travail est conçue autour de ce choix.
Un miel froid est beaucoup plus visqueux qu’un miel réchauffé. Les machines doivent donc être plus puissantes et les opérations plus exigeantes.
J’ai choisi une pompe hélicoïdale, particulièrement coûteuse, parce qu’elle permet de déplacer le miel sans le brasser inutilement.
J’utilise également une centrifugeuse lente pour séparer le miel de la cire.
Après l’extraction, le miel est stocké dans des cuves de 500 kg, une par rucher, à double paroi. L’espace entre les deux parois est rempli d’huile thermique, qui permet de maintenir le miel à une température proche de celle de la ruche, sans contact direct avec une source de chaleur. Il reste ainsi deux à trois jours à température constante afin de permettre la décantation.
Le miel est ensuite mis en pots à cette même température, sans passage par une chauffe destinée à le rendre plus fluide ou à empêcher sa cristallisation.
Le miel de printemps, lorsqu’il n’est pas chauffé, peut cristalliser très rapidement. Il doit donc être extrait et mis en pots dans les quelques jours qui suivent la récolte.
Cette organisation demande du matériel spécifique, des investissements importants et plus de travail. Je préfère adapter mon matériel et mon organisation au miel plutôt que d’adapter le miel à mes machines.

Des ruches que je fabrique moi-même
Je fabrique moi-même une grande partie de mon matériel apicole.
La fabrication de mes ruches n’est pas subventionnée. Elle représente donc un investissement important en temps et en travail.
Mais cela me permet aussi de choisir mon bois, son origine, son épaisseur et la manière dont les ruches sont construites.
Pour protéger le bois, j’ai choisi l’oléothermie à l’huile de lin, plutôt que la peinture.
Quelques sujets pour aller plus loin
La cristallisation du miel
Pourquoi le miel cristallise et pourquoi ce phénomène est naturel.
Des choix assumés
Je ne cherche pas à faire comme tout le monde, ni à produire à tout prix davantage.
J’ai choisi une manière de travailler qui donne davantage de place aux abeilles, qui accepte des contraintes et qui privilégie les colonies capables de vivre dans leur environnement.
Les abeilles d’abord. Le miel ensuite. Et je fais avec les contraintes.
